 Les freins à la prise en charge |
Les maladies psychiques ont des conséquences majeures sur le parcours de vie des malades et de leur famille. Leurs répercussions sur le quotidien des patients, en termes d’insertion sociale et professionnelle, fait souvent peser une lourde charge sur leur entourage, en particulier leurs parents. On assiste ainsi fréquemment à une inversion des solidarités traditionnelles entre générations : au lieu d’être un soutien pour les parents avançant en âge, les enfants atteints de troubles psychiques peuvent rester à leur charge tout au long de leur vie, entraînant de graves difficultés matérielles et psychologiques.
Ce phénomène est souvent accentué par l’absence ou l’insuffisance de prise en charge médicale et sociale des troubles : l’absence de traitement médicamenteux et psychologique ou sa mauvaise observance entraînent la persistance ou la réapparition des symptômes, souvent aggravés au fil du temps ; le manque d’information sur les aides et les structures adaptées, ainsi que le nombre insuffisant de celles-ci, contraignent fréquemment des parents de plus en plus âgés à assumer le quotidien de leur enfant malade.
La prise en charge psychologique, médicale et sociale des maladies psychiques est rendue difficile par différents facteurs : • l’image très négative des troubles psychiques que véhicule la société freine considérablement le recours aux soins : elle provoque de fortes réticences à consulter un psychiatre, seul à même de poser un diagnostic précis ; elle entraîne également des difficultés à accepter le diagnostic, aussi bien par les patients que par leur famille, et donc à mettre en œuvre un traitement ; • le diagnostic lui-même est parfois rendu difficile par la nature des troubles, qui peuvent être longtemps discrets et fluctuants, et minorés par le patient et sa famille ; • les traitements, dont les effets peuvent être lourds dans le cadre de certaines maladies, sont souvent mal acceptés et donc mal respectés par les patients ; • l’accès aux professionnels et aux structures de soins est parfois difficile, surtout en zone rurale : manque de psychiatres, de centres médico-psychologiques, etc. • l’hôpital psychiatrique véhicule une image très négative, héritée des temps de l’enfermement à vie des malades en asile. |
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